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Dans les coulisses de la performance : le rôle clé de la qualité chez Team Peugeot TotalEnergies

Derrière chaque Hypercar qui prend le départ d’une course du Championnat du Monde d’Endurance (WEC), il y a des centaines de contrôles, de vérifications et de process destinés à garantir la performance et la conformité de la voiture. Chez Team Peugeot TotalEnergies, cette mission repose notamment sur un acteur essentiel : le Responsable Qualité.
Entre le site de Satory et les circuits du monde entier, son quotidien consiste à s’assurer que chaque pièce, chaque roue et chaque procédure répondent aux exigences les plus élevées. Rencontre avec Olivier Cadoret, un passionné qui vit son rêve d’enfant au cœur de l’endurance.

Comprendre son rôle 
À Satory : Responsable Qualité pour Team Peugeot TotalEnergies
Avant même que les Hypercars ne prennent la piste, un important travail est réalisé en amont avec les fournisseurs et les équipes internes. À Satory, Olivier Cadoret veille à ce que chaque pièce réponde aux exigences techniques et réglementaires définies par l’équipe.
« Mon métier correspond à la gestion des process qualité en interne et avec nos fournisseurs. C’est-à-dire que l’on va leur imposer des statuts de qualité au niveau des pièces qu’ils ont à réaliser avec nous. Et ensuite, par exemple avec l’équipe de la métrologie, on va vérifier que toutes les pièces sont conformes quand elles sont livrées. »
« C’est regarder si la matière utilisée est la bonne, s’ils n’ont pas fait d’erreur dans les dimensions, le marquage, etc. On a des directives, des normes à respecter et, en accord avec le Bureau d’Études qui a fait le plan, on demande au fournisseur de nous fournir un rapport de contrôle, un certificat matière ou un rapport de traitement de surface par exemple. »
« En résumé, c’est la gestion de toute la documentation avec les fournisseurs, ainsi que la gestion des problématiques pour rendre conformes les pièces. »

En course : plusieurs rôles 
Une fois sur les circuits, Olivier porte plusieurs casquettes et intervient à différents niveaux de l’exploitation de la voiture.
Responsable de l’équipe pneumatiques
Parmi ses missions figure la supervision de l’équipe pneumatiques.
« Il s’agit de l’équipe qui va préparer les pneumatiques et les roues à emmener auprès des mécaniciens lorsqu’elles doivent être montées sur la voiture. C’est la gestion complète d’un process qui permet de s’assurer que la roue est montée correctement : pneu Michelin, jante, plombs d’équilibrage et pressions. »
Chaque étape suit une procédure précise afin de garantir la performance mais aussi le respect de la réglementation.
« On met les pressions à froid pour qu’à la fin du relais (stint), les pressions soient conformes à la réglementation FIA. Mon rôle, c’est de gérer les différentes étapes (processus) avec eux, de les écrire et de faire en sorte qu’ils soient respectés. »

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Responsable Qualité en course 
En compétition, Olivier retrouve également sa casquette de Responsable Qualité. Il devient alors le référent de toutes les vérifications techniques (scrutineering) réalisées sur les voitures.
« Je fais en sorte que la voiture qui part aux vérifications techniques soit conforme à la réglementation en amont. Quand les voitures sont appelées au scrutineering, j’accompagne l’équipe et je suis l’interlocuteur privilégié qui va discuter avec les commissaires techniques. »
Cette mission s’appuie notamment sur des technologies de contrôle avancées.
« Dans le box, je fais les scans de la voiture en course. On utilise un scan laser en nuage de points : l’objectif est de superposer ce nuage de points sur la « mule » de la voiture pour vérifier que les zones sont conformes vis-à-vis des tolérances évoquées par la FIA. »
Si des écarts sont détectés, des ajustements sont réalisés en collaboration avec les Race Engineers avant les contrôles officiels.
Les vérifications concernent principalement les voitures les mieux classées.
« Généralement après les qualifications, les trois ou quatre premières voitures de chaque catégorie sont appelées au scrutineering obligatoirement. Après la course, ce sont souvent les voitures du podium. La FIA peut aussi demander à contrôler une partie spécifique de la voiture et là, je suis avec eux pour faire en sorte que tout se passe bien. »

Une journée rythmée par l’analyse des données 
Pendant les séances de roulage, son activité est principalement tournée vers le suivi des pneumatiques et l’analyse des données collectées sur la voiture.
Après chaque relais, les pneus sont inspectés afin de fournir des informations précieuses aux ingénieurs. « On prend en photo, on fait des mesures de l’usure et des rapports auprès des ingénieurs pour avoir les informations en temps réel. » L’objectif est de permettre à l’équipe d’adapter rapidement certains réglages ou certaines stratégies si nécessaire : « S’il y a une décision à prendre qui concerne les pneus, un carrossage à changer ou un pneu trop usé, on peut apporter des corrections. Je dirais qu’à ce moment-là, je mets de côté mon rôle qualité et vérifications techniques. »

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Quand chaque détail peut faire la différence 
En endurance, la performance repose autant sur la vitesse que sur la capacité à maîtriser chaque détail.
« Si on veut arriver au graal de gagner les 24 Heures du Mans, chaque détail compte et a son importance. Chacune de mes tâches doit être rigoureusement réalisée. Le hasard n’a pas sa place. »
Un simple écart peut avoir de lourdes conséquences sportives. « Le plus critique reste d’arriver aux vérifications techniques après avoir fait une bonne place et d’être déclassé. Et ça, ce n’est pas une option. C’est pour ça que l’on anticipe tout dans les process en amont. »
La qualité : une culture partagée par toute l’équipe
Chez Team Peugeot TotalEnergies, la qualité ne se limite pas à un département ou à une fonction. Elle s’inscrit dans le travail quotidien de l’ensemble des équipes.
“Si l’on veut gagner en WEC, la qualité doit être au cœur de notre quotidien. C’est un véritable travail d’équipe, qui implique chaque métier et chaque étape du processus. Même une simple vis doit répondre à des exigences qualité précises. Du bureau d’études aux achats, de la métrologie aux laboratoires, en passant par le montage, le démontage et l’exécution en piste, chacun contribue au même objectif : garantir le plus haut niveau de performance et de fiabilité.
La qualité est présente partout, des pitstops à la stratégie de course, jusqu’à la communication interne et externe. Elle est indissociable de la rigueur qui caractérise l’endurance. Plus qu’une responsabilité partagée, c’est une mission collective qui mobilise l’ensemble de l’équipe. »

Gérer les imprévus sous pression 
Même avec des procédures parfaitement établies, certaines situations nécessitent des décisions rapides :
« Les roues sont monitorées par la FIA via des TPMS (Tyre Pressure Monitoring System ou système de surveillance de la pression des pneus). Quelques minutes avant une qualif, on s’est rendu compte qu’une roue avait un TPMS qui n’était pas en grande forme et qu’on aurait pu être impacté par une non-lecture des pressions par la FIA. Heureusement, on l’a vu très vite grâce à nos logiciels. On a directement appelé le Race Engineer pour dire qu’on changeait. On n’avait pas le temps de remplacer le TPMS, donc on a pris un autre set de pneus et on a roulé avec ça. Mon rôle, c’est aussi d’arbitrer et de monitorer ce genre de situation. »

Une passion née dans les tribunes du Mans 
Au-delà des process et des contrôles, ce qui anime Olivier depuis plus de vingt ans reste avant tout la passion du sport automobile.
Entré chez Peugeot Sport en 2003 au laboratoire matériaux, il a participé à plusieurs programmes emblématiques : les 206 et 307 WRC en rallye, puis l’aventure de la 908 avec, à la clé, la victoire aux 24 Heures du Mans en 2009.
« Je vis au quotidien un rêve d’enfant. C’est la passion d’un enfant qui était émerveillé par ce qu’il voyait dans les tribunes des 24 Heures du Mans et qui s’est dit un jour que ce serait sympa de travailler dans les box en face. »
Malgré les années, son enthousiasme est resté intact.
« J’ai 23 ans de sport automobile à mon actif. Ce n’est pas un travail pour moi, c’est une passion. »

Les 24 Heures du Mans, une émotion toujours unique 
Même après huit participations à l’épreuve mancelle, l’émotion reste la même lorsqu’il arrive sur le circuit. « Les frissons commencent quand je vois les premiers bâtiments du circuit. Et ils ne me lâchent plus tant que j’y suis. »
Au-delà de la compétition, il évoque une aventure humaine hors du commun. « C’est une joie immense d’être là, de vivre un moment sportif avec un focus et une rigueur de tous les instants. Mais c’est aussi une aventure humaine avec les personnes de l’équipe avec qui on partage beaucoup d’heures ensemble. Tout ça, cumulé à l’adrénaline de la course, c’est fabuleux à vivre. »
Et si l’expérience permet aujourd’hui de mieux gérer la pression et la fatigue, l’intensité de l’événement demeure intacte. « Je reste plutôt zen car avec mon expérience, je sais gérer la fatigue inhérente à ce type d’épreuve. »

Le mot de la fin 
Lorsqu’on lui demande de résumer son métier en une phrase, Olivier répond avec la même sincérité qui l’anime depuis ses débuts dans le sport automobile :
« Crois en toi, va au bout de tes rêves et tu auras des expériences de qualité. »
Un message qui reflète parfaitement le parcours de celui qui, des tribunes du Mans aux stands du Championnat du Monde d’Endurance, a fait de sa passion son métier.

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